Si votre chat vous mord les mains quand vous jouez ou vous tend des embuscades aux chevilles, il s’agit souvent d’un comportement de chasse dirigé vers la mauvaise cible et stimulé par une trop grande excitation, et non de méchanceté. Sur le moment, arrêtez-vous et ne le punissez pas ; proposez-lui ensuite un jouet qui garde vos mains à distance de ses dents. Pour prévenir ce comportement, prévoyez des séances courtes et régulières, interrompues à temps, et appliquez une règle simple : les mains et les pieds ne sont jamais des jouets.
Si les morsures s’accompagnent de feulements, d’oreilles aplaties et de tentatives de fuite, ou si elles surviennent pendant que vous le caressez, il s’agit d’une situation différente, à évaluer séparément : nous parlons ici du jeu.
Pourquoi le chat vise les mains et les pieds
Pour un chat, des doigts qui s’agitent ou des pieds qui passent dans le couloir ressemblent à une proie : ils bougent, sont à portée et réagissent. Mordre et griffer font partie de la séquence de chasse (guetter, bondir, saisir) et ne constituent pas forcément une attaque contre vous. Plusieurs facteurs entrent généralement en jeu :
- Une habitude prise quand il était chaton. Si vous jouiez avec lui en remuant les doigts quand il était petit, il a appris que les mains étaient des jouets. C’était compréhensible : à l’époque, ses morsures faisaient moins mal.
- Un trop-plein d’énergie. S’il a peu d’occasions de poursuivre et d’attraper quelque chose pendant la journée, cette énergie se décharge lorsque vous passez.
- Une excitation qui monte. Plus le jeu s’intensifie, plus il peut avoir du mal à se contrôler, et la main la plus proche devient la cible.
- Les embuscades aux chevilles. C’est une forme de chasse à l’affût : le chat se cache derrière un angle ou sous un meuble, puis bondit lorsque vous passez et peut vous mordre les chevilles.
Que faire au moment de la morsure
- Arrêtez-vous. Cessez de bouger les doigts et les pieds : une main immobile est moins intéressante qu’une main qui s’agite.
- Évitez les réactions brusques. Les gestes brusques, les cris, les coups, les jets d’eau ou les sursauts peuvent accentuer sa peur et ses réactions défensives.
- Interrompez calmement. Éloignez-vous quelques instants, sans le gronder ; une fois qu’il est calmé, proposez-lui un jouet adapté.
Réorienter le jeu : proposez-lui la bonne cible
Votre chat a besoin de chasser : proposez-lui une proie qui ne soit pas votre peau.
- Une canne à pêche longue. Elle garde vos mains et vos pieds à distance. Faites bouger son extrémité par à-coups, cachez-la, arrêtez-la : comme le ferait une proie.
- Une peluche allongée. Assez longue pour qu’il puisse la saisir avec ses pattes avant et la frapper avec ses pattes arrière : il peut ainsi satisfaire son besoin d’agripper et de donner des coups sans vous prendre pour cible.
- Lancer le jouet au loin. Si vous le voyez guetter vos pieds, lancez un jouet loin de vous avant qu’il ne bondisse.
Les embuscades surviennent dans des endroits et à des moments prévisibles : le couloir, l’entrée, près du lit, à votre retour à la maison. Gardez un jouet à portée de main à ces endroits et proposez-lui de jouer avant que l’embuscade ne commence.
Séances courtes et signes de surexcitation : quand s’arrêter à temps
Le meilleur moment pour arrêter est avant le pic d’excitation, pas après la morsure. Pendant le jeu, observez les signes suivants :
- la queue qui fouette ou tape ;
- les oreilles qui pivotent vers l’arrière ou s’aplatissent ;
- les pupilles très dilatées ;
- la peau du dos qui frémit ;
- une immobilité soudaine avant qu’il ne bondisse vers vous.
Dès les premiers signes, ralentissez les mouvements du jouet et terminez par une dernière capture : laissez-le l’attraper, puis arrêtez et laissez-le tranquille. Si le jeu s’accompagne de feulements ou de tentatives de fuite, arrêtez immédiatement.
Plusieurs séances courtes réparties dans la journée sont généralement plus utiles qu’une seule séance longue et frénétique ; la durée idéale dépend de votre chat : observez ses signaux, pas l’horloge.
Quand demander de l’aide
Au vétérinaire : si ce comportement apparaît soudainement chez un chat adulte qui ne le faisait pas auparavant, s’il réagit quand vous le touchez à certains endroits ou si vous remarquez d’autres changements dans ses habitudes.
Pour vous : si une morsure ou une griffure entaille la peau, lavez soigneusement la plaie et envisagez de consulter un médecin, surtout si elle rougit, enfle ou fait mal.
À un professionnel du comportement (un vétérinaire spécialisé en comportement ou un conseiller en comportement qui travaille avec les chats) : si les morsures restent fréquentes malgré les règles, si elles vous blessent ou s’il y a de jeunes enfants à la maison. Si vous décidez de vous faire accompagner, vous pouvez rechercher « Conseil en comportement » parmi les services de PawsPet dans votre région, en vérifiant dans la description que le professionnel travaille avec les chats.
Des règles communes à la maison, y compris avec les enfants
La cohérence est essentielle : si une seule personne joue avec les doigts, l’habitude risque de persister. Convenez de quelques règles avec toute la famille :
- On joue uniquement avec des jouets, jamais avec les mains ou les pieds.
- Les enfants jouent avec des cannes à pêche longues, uniquement en présence d’un adulte.
- Si le chat s’éloigne ou va se réfugier quelque part, la séance est terminée.
- Pas de lutte avec les mains, même avec un gant.
Action de la semaine : organisez chaque jour quelques séances courtes aux moments où les embuscades se produisent habituellement, et gardez toujours un jouet à portée de main.
Questions fréquentes
Le chaton le fait tout le temps : est-ce que ça va passer tout seul ?
Ce n’est pas certain. La cohérence de toute la famille et la réorientation régulière vers les bons jouets sont importantes : appliquez les règles ci-dessus.
Il me mord aussi quand je le caresse : est-ce la même chose ?
Non, c’est une situation différente du jeu. Observez au bout de combien de temps et à quels endroits il réagit, raccourcissez les séances de caresses et arrêtez-vous dès les premiers signes d’inconfort. Si cela arrive souvent, parlez-en à votre vétérinaire.



